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Préparer sa visiteDossier enseignantDossier enseignant :
Introduction

Témoin de l’histoire de Nantes et de celle de la Bretagne, le château des ducs de Bretagne est un site patrimonial exceptionnel en plein centre-ville. La forteresse enserre une résidence ducale du 15e siècle, œuvre du duc François II et de sa fille, Anne de Bretagne. Un programme de restauration et d’aménagement d’envergure a été mené ces dernières années à l’initiative de la ville de Nantes. Il a permis la création d’un nouveau musée, le musée d’histoire de Nantes, labellisé Musée de France.

 

Une visite architecturale et muséographique

L’impressionnante restauration du château marque le visiteur qui pénètre dans la cour et découvre les façades sculptées des bâtiments de la résidence ducale. Une fois poussées les portes du Grand Logis, celle-ci s’apprécie tout autant à l’intérieur, dans les 32 salles du musée d’histoire de Nantes. L’architecture du 15e siècle dialogue avec les 850 objets de collection et les dispositifs multimédias dans une scénographie résolument contemporaine.

 

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Dessin du château des ducs de Bretagne - Benoit Clarys, 2007 © Le château des ducs de Bretagne.


Le monument actuel est essentiellement l'œuvre des derniers ducs de Bretagne. Conçu à la fin du 15e siècle comme une forteresse dans le contexte de la lutte pour l'indépendance du duché de Bretagne, c'est aussi un palais.
Élément majeur du système défensif de Nantes, le château ne subit pas de réel siège au cours de son histoire. Il reçoit cependant quelques coups de canon en 1487, lors de l'attaque de la ville par les troupes françaises.


I - éléments de l'histoire des ducs de bretagne
Le château de Nantes dans la ville fortifiée

éléments Géographiques du site

 

Nantes, un carrefour de routes fluviales, maritimes et terrestres 

L’histoire de la ville est depuis son origine, très liée à son site de fond d’estuaire, au confluent de plusieurs cours d’eau. C’est aussi un carrefour de routes terrestres. L’Erdre, le Cens et la Chézine, au nord, la Sèvre au sud, en convergeant vers la Loire, ont creusé des vallées. L’implantation de la ville antique a été décidée à la confluence de la Loire et de l’Erdre ; à cet endroit stratégique, le site offre des escarpements faciles à protéger d’où on surveille les mouvements.

 

Un point de franchissement aisé du fleuve

À la hauteur de Nantes de nombreuses îles comme les pierres d’un gué, facilitent le passage de la Loire ; en s’appuyant sur elles on a procédé à l’édification d’une longue ligne de ponts sur un grand axe terrestre nord-sud. Deux forteresses protégeaient autrefois cette ligne, le Bouffay au nord, Pirmil au sud.

 

Conquête du site à travers les siècles

 

Des origines au IIIe siècle : une occupation diffuse du site

Les premières structures monumentales, dolmens, menhirs, apparaissent dès le Néolithique, IVe et IIIe millénaire av. JC.

La paix romaine est proclamée en 31 av. J.C. lors de la victoire d’Auguste, à l’issue de la Bataille d’Actium. C’est durant son « principat », 31 av. J.C. à 14 ap. J.C. qu’une véritable politique urbaniste se met en place. Dans l’estuaire, deux sites portuaires donnent naissance à des villes : Rezé, Ratiatum au sud et Nantes, Portus Namnetum au nord.

 

Du IVe siècle au début du XIIIe siècle : la ville enclose

À la fin du IIIe siècle, pillée et ravagée à plusieurs reprises par des bandes germaniques, la ville se fortifie. L’enceinte gallo-romaine n’enferme qu’une partie du territoire urbain (16 ha) et laisse à l’écart le carrefour du Change et le port, voies possibles d’invasion.

La chute de l’Empire romain amène de longues périodes d’insécurité ; seul se maintient le pouvoir des évêques. À l’intérieur de l’enceinte, les églises se multiplient, tandis qu’à la périphérie se fixent de nouveaux foyers de peuplement autour de fondations religieuses, Saint-Donatien et Saint-Similien... Au IXe siècle, la région est attaquée par les Normands et la ville de Nantes est détruite en 843, lors d’un raid au cours duquel l’évêque Gohar est massacré. Il faudra attendre le siècle suivant pour que Alain Barbetorte les chasse définitivement en 954.

Avec le Moyen-Âge, les guerres féodales, puis, la défense des territoires bretons, entraînent le renforcement de l’appareil militaire nantais par la construction du château du Bouffay en 990 sur l’ancien forum gallo-romain, la construction de la porte Saint-Pierre en 1190, et la construction du château de la Tour neuve, ancêtre du château actuel dans la première moitié du XIII esiècle.

 

Du XIIIe siècle au XVIe siècle : de nouvelles murailles,
l’enceinte de Pierre de Dreux dit Pierre Mauclerc et les travaux de Mercœur

Au XIIIe siècle le duc Pierre de Dreux, surnommé Pierre Mauclerc, entreprend la construction d’une nouvelle enceinte, plus étendue vers l’ouest, ce qui permet d’englober dans l’intra-muros, le faubourg Saint-Nicolas, dit Bourgmain construit à l’ouest de la ville. Sa muraille se prolonge au nord jusqu’aux rives de l’Erdre, à l’emplacement actuel du quartier de la Préfecture.

À l’est, le tracé de la nouvelle muraille est sensiblement celui de la précédente. Le château, agrandi, constitue l’angle sud-est de l’enceinte médiévale.

À la fin du XVIe siècle, le duc de Mercœur renforce, par des bastions, les défenses de l’actuel château et les murailles de la ville. De cette période, seul subsiste, au château, le Bastion Saint-Pierre.

 

Au XVIIIe siècle (1720 -1830) : la fin des remparts

L’enceinte urbaine médiévale n’a plus d’intérêt militaire. Elle est devenue un obstacle au développement d’une grande place de commerce. Le port, centre des affaires, est excentré vers l’ouest,  par rapport au noyau urbain.

Les armateurs et commerçants se sont installés le long de la Loire, extra muros, dans le quartier de la Fosse. Dès 1720, la municipalité projette d’urbaniser l’Ile Feydeau, ce qui est fait à partir de 1750. De 1766 à 1780, de grands travaux d’urbanisme sont confiés, par la municipalité, à Ceineray. On procède à l’arasement des remparts et à la construction de quais.

Les programmes d’urbanisme de la fin du XVIIIe siècle s’achèvent autour de 1830.

La Bretagne aux XVe et XVIe siècles de l’indépendance à l’union

Le duché Breton

 

Une indépendance de fait

Le duc Jean IV de Montfort (1365-1399) travaille à préserver une politique d’indépendance de la Bretagne, en créant une fiscalité propre à son duché. Cependant, il accepte de prêter hommage au roi de France Charles VI en 1381. Pour mener cette politique, il profite des troubles de la Guerre de Cent Ans (1346-1453) qui ont affaibli la monarchie française, ainsi que de sa victoire dans la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1365) sur les ducs de Penthièvre, soutenus par les rois de France.

 

Des ducs influents : Jean V (1399-1442) et François II (1458-1488)

Jean V puis François II construisent un véritable état organisé en profitant de la bonne conjoncture économique du duché, où le commerce maritime connaît un grand essor. Ils se comportent en souverains indépendants vis-à-vis du roi de France, ils lui refusent l’hommage lige et utilisent la formule Duc par la Grâce de Dieu, reprise de l’expression Roi par la Grâce de Dieu.

Ils mènent une politique extérieure autonome, Jean V choisit la neutralité dans la phase terminale de la Guerre de Cent Ans. Les deux ducs concluent des alliances avec l’Espagne, l’Autriche, l’Angleterre, la Papauté, comme des souverains indépendants. Enfin, ils entretiennent une armée et bâtissent ou renforcent les châteaux-forts puissants notamment à Suscinio, Clisson, Fougères, Nantes…

 

Le conflit entre le duc François II et le roi de France

Louis XI (1461-1483), dans le cadre de son grand dessein d’unification du royaume, veut soumettre le duc de Bretagne. Cela va entraîner François II de Montfort, poussé par Pierre Landais, trésorier de Bretagne, dans plusieurs conflits qui affaibliront le duché. Mais à la mort de François II se posera le problème de sa succession. Il n’a pas d’héritier masculin, mais seulement deux filles, Anne née en 1477 et Isabelle, née en 1478 de son second mariage avec Marguerite de Foix. Or, le premier traité de Guérande (1365) qui a mis fin à la Guerre de Succession de Bretagne prévoyait l’application de la Loi Salique à la Bretagne : les filles étaient écartées du trône, et la couronne devait échoir à l’héritier masculin le plus proche ; s’il n’y en avait pas dans la famille des Montfort, la couronne passait à celle des Penthièvre. Mais il n’y a plus d’héritier mâle chez les Penthièvre, et stratégiquement, Louis XI leur a racheté les droits de succession ; il devient donc héritier potentiel de la Bretagne.

Louis XI meurt. Anne de Beaujeu, sa fille, poursuit sa politique au profit de son jeune frère Charles VIII qui a hérité des droits de son père à la succession de Bretagne. Landais, de plus en plus critiqué pour son enrichissement personnel et son trop grand pouvoir sur le duc, n’est plus soutenu par celui-ci. Une caricature de procès le condamne à l’exécution capitale en 1485.

François II poursuit sa politique de grandeur et d’indépendance. En 1485, il crée un Parlement, à Vannes, pour ôter la Bretagne au pouvoir judiciaire du Parlement de Paris. En 1486, les États de Bretagne réaffirment les droits des filles de François II à hériter du duché.

 

Guerre de 1487 à 1488

Anne de Beaujeu attise, sans peine, les rivalités de la noblesse bretonne ; elle annonce une aide militaire aux partisans des droits de Charles VIII. En 1487, les troupes françaises, commandées par le duc de la Trémoille, attaquent. Les armées bretonnes, inférieures en nombre, mal préparées, ne reçoivent pas d’aide étrangère. Les troupes bretonnes, dirigées par Dunois, libèrent Nantes. La ville est épuisée par ce siège de sept semaines ; elle doit faire face à de lourdes dépenses pour la réparation de ses murailles, et la peste l’atteint, tandis que les campagnes environnantes sont ravagées par les mercenaires. La guerre tourne à l’usure.

À la bataille de Saint-Aubin du Cormier, le 28 juillet 1488, l’armée bretonne, commandée par le maréchal de Rieux, est défaite et perd environ 5000 hommes. François II doit signer le Traité du Verger le 20 août 1488 qui stipule qu’il ne pourra marier ses filles qu’avec le consentement du Roi de France. Le duc meurt, peu de temps après, le 9 septembre 1488, à Couëron.

 

Les mariages d’Anne : une affaire d’État

 

Une duchesse contestée (1488-1491)

Anne a 12 ans à la mort de son père et sa légitimité est contestée. Des juristes rappellent, à Charles VIII, son droit à l’héritage breton et lui conseillent d’épouser Anne pour régler la question. De plus, Anne voit une très grande partie du duché lui échapper car elle s’est brouillée avec Françoise de Dinan et le maréchal de Rieux, les tuteurs que son père avait nommés ; ils tiennent le château de Nantes et le Trésor. Anne se réfugie à Rennes avec quelques fidèles pendant qu’une partie de la Bretagne est occupée par les troupes françaises. Le duc de Rohan agit pour son compte au centre de la Bretagne.

La situation économique et financière du duché est catastrophique. Le ralentissement du commerce, la guerre, les épidémies de peste ont affaibli villes, ports et campagnes. Le mécontentement populaire grandit. Le projet de mariage de la duchesse avec Maximilien de Habsbourg, l’allié de la  Bretagne, inquiète Charles VIII car la France serait prise en étau entre les possessions des Habsbourg à l’ouest et à l’est.

Le roi de France revendique la tutelle des deux princesses, interdit à Anne de prendre la couronne ducale et réclame le bail de la Bretagne en attendant l’arbitrage d’une commission. Puis, il déclare la guerre à la Bretagne mais est surpris par la résistance des Bretons qui tiennent les villes. Une trêve est signée au bout d’un an.

Le mariage, par procuration, entre la duchesse Anne et Maximilien de Habsbourg, le 19 décembre 1490, entraîne la reprise de la guerre en mars 1491. La Bretagne est isolée. Ses alliés, en raison des difficultés de politique intérieure, ne peuvent lui fournir aucun secours. Alain d’Albret, qui commandait la place de Nantes, trahit la cause bretonne et livre, contre argent, le château aux Français. Charles VIII y entre le 4 avril 1491.

Les troupes françaises conquièrent, sans peine, le reste de la Bretagne sauf Rennes où est réfugiée la duchesse. Les États de Bretagne demandent la paix. Les conseillers d’Anne la poussent à se résoudre au mariage avec Charles VIII. Mais Anne est officiellement mariée à Maximilien et l’Eglise devra trouver un motif d’annulation. Finalement, le 15 novembre 1491, Charles VIII rencontre Anne de Bretagne à Rennes et le mariage est décidé.

 

Le mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII, roi de France (1491-1498)

La cérémonie de mariage célébrée à Langeais le 6 décembre 1491 - et non en Bretagne sur les terres de la mariée - est des plus discrètes par crainte des réactions de Maximilien de Habsbourg. Le contrat de mariage prépare l’annexion de la Bretagne à la France. C’est désormais le roi de France qui dirige la Bretagne, Anne de Bretagne ne portant plus le titre de duchesse. Si Charles VIII meurt sans descendant, Anne épousera son successeur.

Le couple royal n’est pas bien uni. Les enfants royaux meurent très jeunes. La cour de France est hostile à Anne de Bretagne, suspectée d’être trop attachée à son duché où elle ne peut se rendre. Cependant, Charles VIII fait poursuivre la construction du Château de Nantes. En 1494, il s’engage dans les guerres d’Italie que poursuivront Louis XII et François Ier jusqu’en 1526. Il en revient malade, puis meurt, à Amboise en 1498, officiellement d’un accident.

 

Anne, duchesse de Bretagne

Anne, veuve à 21 ans, retrouve son pouvoir sur la Bretagne avec l’autorisation officielle de Louis XII, successeur de Charles VIII. Elle retourne en Bretagne et s’installe au château de Nantes qu’elle a quitté à la mort de son père. Elle en achève la construction, rétablit les rouages de l’administration bretonne en réunissant les Etats, en publiant des ordonnances et en refaisant battre la monnaie. Son mariage avec Louis XII se prépare. Il ne reste plus à l’Église qu’à annuler celui de Louis XII avec Jeanne de France sous prétexte de non consommation de cette union.

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Portrait d’Anne de Bretagne - Benoit Clarys, 2006.
© Le château des ducs de Bretagne.


Au 15e siècle, la beauté physique n’est que le reflet de la beauté morale. Les portraits et les statues présentent Anne de Bretagne avec un visage régulier et agréable répondant aux canons de l’époque. L’ambassadeur de Venise, Zaccaria Contarini la décrit ainsi en 1492 : « La reine à 17 ans, elle est de petite taille, fluette, et elle boite visiblement d’une jambe, bien qu’elle porte des chaussures à haut talon pour cacher sa difformité. Elle a le teint foncé et elle est assez jolie. Sa finesse d’esprit est remarquable pour son âge et une fois qu’elle a décidé de faire quelque chose, elle s’efforce d’y parvenir par n’importe quel moyen et à n’importe quel prix.»


Anne, duchesse de Bretagne et reine de France (1499-1514)

Le mariage est célébré, en janvier 1499, dans la chapelle du château de Nantes. Quelques jours auparavant, un contrat de mariage, plus avantageux pour la Bretagne, a été signé à Nantes. Il garantit les libertés et les institutions du Duché, stipule que le fils aîné du couple royal héritera du royaume de France et, que le ou la cadette héritera de la Bretagne. Il reconnaît enfin la souveraineté d’Anne sur la Bretagne. Dans les textes, elle se fait appeler : Anne, par la Grâce de Dieu, Reine de France et Duchesse de Bretagne. Depuis Blois, Anne dirige le duché, fait des séjours à Nantes, espère même y vivre davantage. En 1505, elle fait une tournée en Bretagne sous prétexte de se rendre en pèlerinage, au Folgoêt, afin de prier pour la santé du roi.

Le couple royal a deux filles : Claude (1499) et Renée (1510) ; leurs fils sont morts prématurément. Malgré les réticences d’Anne, qui craignait pour l’indépendance de la Bretagne, les fiançailles de Claude avec François d’Angoulême, futur François Ier sont célébrées en 1506.

La duchesse Anne meurt à Blois le 9 janvier 1514. Son corps, embaumé, est inhumé à la Basilique Saint-Denis, sépulture des rois et reines de France. Mais Anne avait souhaité que son cœur repose en Bretagne. Un reliquaire en or, contenant le cœur de la duchesse est apporté à Nantes. À partir du 19 mars 1514, de somptueuses fêtes d’enterrement se déroulent sur plusieurs jours. Le reliquaire est déposé dans le tombeau du duc François II et de Marguerite de Foix, que leur fille avait fait réaliser en 1507 par le sculpteur Michel Colombe, au couvent des Carmes. Le tombeau ducal, profané pendant la Révolution, se trouve maintenant dans la cathédrale de Nantes tandis que le reliquaire est exposé au musée Dobrée.

 

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Moulage d’après le gisant du tombeau de la basilique Saint-Denis,
attribué à Guillaume Regnault - Bronze. © Musée d'histoire de Nantes.


Gisant d’Anne de Bretagne

Établi probablement d’après le masque mortuaire exécuté par Jean Pérréal à Blois quelques jours après son décès, le visage de la souveraine est saisi dans son dernier souffle, les traits tirés, les yeux clos. Son tombeau à Saint-Denis, que Louis XII partage avec elle, propose deux images extrêmes des défunts, un priant, présenté en début de parcours, et ce face-à-face avec la mort : une première pour un tombeau royal, preuve que ce personnage a été un témoin-clé, sinon un instrument, dans l’évolution de la représentation des pouvoirs entre Moyen-Âge et Renaissance. Le gisant de Saint-Denis, en marbre, est attribué à Guillaume Regnault, sculpteur né vers 1450 à Nantes, mort entre 1531 et 1533.


la biographie d'anne de bretagne (PDF)

 

généalogie : duché de bretagne - royaume de france (PDF)

 

chronologie comparée : france - nantes - château (PDF)


L’union de la Bretagne à la France, 1532

Peu après la mort de la duchesse Anne, est célébré, le 8 mai 1514, le mariage de son héritière Claude avec le duc d’Angoulème qui devient bientôt roi sous le nom de François Ier.

Claude ne cherche pas à défendre ses droits de duchesse. Elle fait donation à vie, puis au printemps 1515 donation perpétuelle, du duché à son époux. Cependant, au moment de rédiger son testament, elle désigne son fils aîné le dauphin comme duc de Bretagne. Il va porter ce titre sous le nom de François III de Bretagne de 1524, date de la mort de sa mère, à 1536.

Les États de Bretagne, réunis à Nantes, votent l’Union réelle et perpétuelle à la France le 4 août 1532, sous réserve du respect des anciens privilèges. Quelques jours après, Le duc François III est couronné duc de Bretagne à Rennes. La demande des États est transformée en Pacte d’Union le 21 septembre 1532, au Plessis-Macé. Le roi François Ier y garantit le maintien des institutions fiscales, judiciaires et ecclésiastiques de la Bretagne. Les Bretons, éprouvés par les souffrances consécutives aux guerres qui durent depuis la fin du XVe siècle, sont soulagés du règlement de la question de l’indépendance bretonne.

LA CONSTRUCTION DU CHâTEAU DE NANTES SOUS FRANÇOIS II ET ANNE DE BRETAGNE

Origine du château

 

Le premier château est construit au XIIIe siècle. Dans un texte de 1248, il est mentionné sous le nom de Chastel de la Tour Neuve. Il est à cheval sur l’angle sud-est de l’enceinte urbaine médiévale qu’il déborde vers l’est, et le long de la Loire.

En 1367, le duc Jean IV de Montfort, vainqueur de la Guerre de Succession de Bretagne, renforce le château primitif par un rempart jalonné d’au moins trois tours polygonales. Il n’en subsiste qu’une, appelée le Vieux Donjon. C’est la seule partie visible de l’ancien château. Des fouilles effectuées en 1922 et 1936 ont permis de retrouver une partie du rez-de-chaussée entre le Vieux Donjon et le bâtiment du Harnachement.

Le château actuel est essentiellement l’œuvre des deux derniers ducs de Bretagne, François II et sa fille Anne.

 

L’œuvre du duc François II

En 1466, François II, duc de 1458 à 1488, décide de remplacer l’ancien château de Nantes, datant du XIIIe siècle, par une construction neuve. Il fait édifier un nouveau château à la mesure de son ambition par les architectes, Bodard et Pasquier. Il veut affirmer le rôle de Nantes comme capitale politique d’une Bretagne indépendante, face aux intentions unificatrices du roi de France, Louis XI. Le château doit aussi abriter la cour d’un grand prince et une administration en plein développement. Il finit par en confier la réalisation à Mathelin Rodier, architecte tourangeau qui présente un projet en 1472 tout en poursuivant la construction de la cathédrale de Nantes. Mais les plans ont sans doute disparu dans l’explosion de 1800 qui a ainsi privé les historiens d’une partie des archives du château.

François II fait édifier un palais ducal clair, ouvert, décoré, aux salles luxueuses pour accueillir une cour nombreuse. Le duc aime les fêtes et les tournois, s’entoure de poètes, comme Meschinot, et d’artistes. C’est un mécène qui crée l’Université de Nantes en 1460. Sa devise « Il n’est trésor que liesse » implique un cadre de vie somptueux, adapté aux loisirs de la Cour.

Par un texte de 1488, on sait que François II est entouré de 665 personnes, sa femme Marguerite de Foix dispose de 21 dames d’honneur, et leur fille a, pour son service domestique et pour son éducation, 120 personnes auprès d’elle. Il faut de la place pour loger les courtisans et les domestiques, aussi le projet prévoit des grandes salles, équipées de cheminées en tuffeau pour en assurer le confort, et de fenêtres nombreuses pour réaliser des pièces claires. Les différents niveaux étaient reliés par des escaliers hors œuvre.

La construction commence par l’entrée ouest. Un châtelet, dont l’entrée est protégée par les tours de la Boulangerie et du Pied de Biche, est édifié ainsi que la tour des Jacobins et sa jumelle disparue, la tour des Espagnols. Contre ces tours, on adosse, côté cour, le palais ducal. Il comprend ce qu’on appelle aujourd’hui le Grand Gouvernement et le Grand Logis, reliés, sous Charles VIII, par la tour de la Couronne d’Or qui abrite deux escaliers. On construit aussi le pavillon du Lieutenant du Roi, disparu en 1800, et la tour de l’escalier accolée au bâtiment que nous appelons de nos jours la Conciergerie. On commence également le puits. Les travaux se prolongent ensuite par les fortifications en bordure de la Loire. Les défenses du château sont particulièrement puissantes au sud-est, d’où peuvent venir les troupes françaises. La tour du Fer à Cheval entreprise, vers 1475, dans la direction de Paris, est équipée des techniques défensives novatrices de l’époque dans le domaine de l’artillerie.

Le château, avec la ville, soutient  un siège de sept semaines en 1487. Bien qu’il ne soit pas au centre des combats, il subit quelques coups de canon. C’est le seul siège qu’a connu la forteresse.

 

Poursuite des travaux avec la duchesse Anne

Charles VIII, époux d’Anne de Bretagne et maître de la Bretagne, ordonne de continuer les travaux, notamment ceux de la tour du Fer à Cheval. L’architecte Jean Perréal dirige le chantier.

L’essentiel du projet de François II est réalisé en 1503, soit une trentaine d’années après la pose de la première pierre, ce qui est remarquable, compte tenu des événements tragiques qui ont marqué l’histoire du duché à partir de 1477.

Anne accentue le caractère palatial du bâtiment. Elle fait embellir le château et édifier les deux étages supérieurs de la tour de la Couronne d’Or, avec la double loggia, inspirée de la mode italienne ainsi que les deux étages supérieurs du Grand Logis : elle commande un programme architectural qui cherche la symétrie et un programme décoratif qui célèbre son union avec Louis XII (cf. grande lucarne centrale). Elle fait aussi réaliser le couronnement en fer forgé du puits de la Couronne d’Or et la façade sur la cour de la tour du Fer à Cheval.

Après 1498, la fonction défensive n’est plus essentielle. L’évolution de l’art de la guerre nécessite la construction de tours moins hautes. En 1503, Anne donne l’ordre de creuser les douves côté est : l’eau de la Loire vient baigner le pied des courtines sur la totalité du pourtour du château-fort. Il ne reste, sur le plan militaire, qu’à faire achever, sur le fleuve, les tours du Port et de la Rivière et les courtines de la Loire et du Levant.

 

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Grand Logis, tour de la Couronne d'Or, Grand Gouvernement © Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.

 

Anne ne réside dans son château que rarement et de manière intermittente. De 1488 à 1498, elle ne vient sans doute pas dans la demeure de son enfance, car la place-forte de Nantes ne lui obéit pas et Charles VIII lui interdit, de fait, de se rendre en Bretagne. Elle vit  principalement à Amboise.

Le décès de Charles VIII lui permet de rentrer à Nantes et d’y séjourner de 1498 à 1499, jusqu’à son deuxième mariage. Pour rendre habitable son palais, elle achète des meubles et commande une bibliothèque de 1500 volumes. Cependant, comme pour tous les châteaux de l’époque, le mobilier présent sur place est sommaire et à chaque voyage de la duchesse ou du roi, on envoie un chargement de mobilier par la Loire.

Le mariage d’Anne de Bretagne et de Louis XII est célébré dans la chapelle détruite dans l’explosion de 1800. Le roi aime le château de Nantes. Il y vient souvent. Anne de Bretagne y passe quelques jours en 1500, peut-être en 1503, et sûrement en 1505, année où les Nantais l’accueillent en lui faisant une grande fête lors de sa première entrée royale. La reine entreprend un périple en Bretagne, elle vient de Blois par la voie d’eau et entre dans son château par la poterne de la Loire.

LES TRANSFORMATIONS DU CHâTEAU APRèS ANNE DE BRETAGNE

Modifications faites par François Ier

 

François Ier, roi de France, vient plusieurs fois au château des ducs, en 1518, en 1520, en 1522 puis en 1532 pour la signature du Traité d’Union de la Bretagne à la France. Il entreprend des travaux au château de Nantes dans le deuxième quart du XVIe siècle.

Il s’intéresse à la partie sud du monument : sans aller jusqu’à réaliser l’aile sud du palais à laquelle le duc François II avait songé, comme le montrent les pierres d’accroche prévues à cet effet sur la façade du Grand Logis, il remanie la courtine de la Loire, en faisant principalement rajouter sur le mâchicoulis décoratif deux échauguettes et le double "F" accolé. Cette initiale est peut-être un message politique affirmant l’appartenance du château à François Ier et au royaume. De plus, des travaux sont entrepris sur la tour du Port vers 1550. Philibert de l’Orme participe aux travaux de cette période.

Le roi fait, d’autre part, construire un petit bâtiment, que nous appelons le Petit Gouvernement, destiné à abriter les services du Gouverneur de Bretagne nommé par ses soins. Cette construction présente des caractères très prononcés de la première Renaissance française.

 

Le gouvernement du duc de Mercœur

 

à l’époque troublée des Guerres de religion

La France est déchirée, de 1562 à 1598, par les guerres de religion. Elles opposent les Huguenots, protestants calvinistes et les catholiques. Parmi ces derniers, les plus hostiles à tout compromis, fondent, autour d’Henri de Guise, la Ligue, en 1576. les Ligueurs s’opposent à Henri III, à qui ils reprochent son manque de fermeté envers les Huguenots. Ils affaiblissent son autorité.

 

Qui est le duc de Mercœur ?

Philippe-Emmanuel de Mercœur est un grand seigneur lorrain. Il est nommé, en 1582, gouverneur de Bretagne par Henri III mais se révolte contre le roi après l’assassinat, à Blois, de ses cousins, Henri de Guise et le cardinal de Guise. Il devient alors le chef de la Ligue. Il refuse de reconnaître l’autorité de Henri de Navarre, chef des protestants, devenu le roi Henri IV, successeur désigné de Henri III, après l’assassinat de ce dernier par un moine ligueur. Il veut que la Ligue, aidée par l’Espagne catholique, empêche le Béarnais de régner. C’est à ce moment qu’une garnison espagnole séjourne à Nantes. Dans la ville, Mercœur fanatise le clergé pour chasser les Huguenots, pourtant peu nombreux à Nantes.

 

Les travaux de Mercœur

Mercœur modernise les fortifications du château, dès 1582, et les adapte aux progrès de la poliorcétique (art d’assiéger les villes) : c’est l’époque de la construction des bastions, stratégie inventée par les ingénieurs italiens de la Renaissance. Ainsi, au nord, il bâtit le bastion Saint-Pierre, le seul qui existe encore. Au sud-ouest, il fait édifier un autre bastion qui recouvrait complètement la tour du Port dont l’étage supérieur avait été détruit à cet effet. Il fait rehausser la courtine du Levant sur laquelle s’appuie une terrasse équipée d’artillerie. La courtine de la Loire est aussi remaniée pour recevoir ce type d’armement. Une caponnière est bâtie pour renforcer la protection de la tour du Fer à Cheval et rend possible l’accès à la vanne qui commande le niveau des douves. Le château se trouve renforcé sur trois de ses quatre côtés. Sur la plupart des fortifications qu’il fait construire ou remanier, figurent des croix de Lorraine, symbole de la puissance du duc, comme un défi au roi de France, Henri IV.

 

Mercœur, Henri IV et l’édit de Nantes, 1598

Après 1595, Henri IV, converti au catholicisme, obtient la soumission de la plus grande partie du pays. Mercœur, lui, résiste.

Le roi part en direction de la Bretagne pour le réduire. Mercœur ne peut plus compter sur l’aide espagnole. Avant qu’Henri IV n’arrive à Nantes, des négociations s’ouvrent à Angers, entre les représentants des deux belligérants : Mercœur abandonne le gouvernement de la Bretagne, contre une belle somme d’argent, le 21 mars 1598. Le siège du château de Nantes est donc évité. Cependant, la ville de Nantes va devoir assumer toutes les dettes que Mercœur a contractées pour fortifier le château contre le roi.

Le 13 avril, Henri IV arrive à Nantes ; il séjourne au château. Il y achève la rédaction du texte connu sous le nom d’Édit de Nantes. Ce texte fut signé, très probablement, au château, le 30 avril, bien que l’édit ne fasse mention ni du lieu ni de la date exacte. L’Édit de Nantes est un texte qui établissait une « coexistence pacifique » entre les deux communautés. Il n’était pas, dans l’esprit de l’époque, un traité de tolérance, comme on l’interprète souvent à notre époque. Il admettait, avec de nombreuses restrictions, une relative liberté de conscience pour les protestants, à qui il concédait des places fortes, pour assurer leur sécurité. Cet édit n’a rien changé à la situation de Nantes, ville catholique ; les protestants nantais ne pouvaient se réunir dans la ville, mais devaient, pour exercer leur culte, se rendre à Sucé, à trois lieues de Nantes, comme le prévoyait une clause de l’Édit.

 

Aux XVII et XVIIIe  siècles

 

Le château sert de résidence royale

À l’occasion de leurs visites, des rois séjournent à Nantes. Ils se déplacent avec la Cour, surtout au XVIIe siècle, parfois au moment d’épisodes mouvementés, célèbres dans l’Histoire. Ainsi Louis XIII effectue deux visites en 1626 et 1628. À l’occasion de la seconde, Henri de Talleyrand, comte de Chalais, accusé de conspiration contre Richelieu, est exécuté. En 1618, le roi avait ordonné de démolir les toits des deux tours d’entrée du château pour y placer de l’artillerie pointée vers la Ville ce qui provoqua des protestations de la municipalité. En 1626, à l’initiative de Richelieu, dans le contexte de sa politique de lutte contre les restes de la puissance féodale, un édit ordonne la démolition des forteresses. Le château de Nantes y échappe en raison de sa fonction de résidence royale.

Louis XIV est présent à Nantes en 1661, au tout début de son règne personnel. Il assiste à la tenue des États de Bretagne qui se tiennent au château des ducs. Mais cet événement est le prétexte pris pour mettre un terme définitif à la carrière du surintendant des Finances, Nicolas Fouquet, accusé de malversations. Il est arrêté par d’Artagnan, commandant des mousquetaires, tout près du château, et expédié à Vincennes, avant de finir ses jours dans la forteresse de Pignerol.

Au quotidien, le château sert de caserne et occasionnellement de prison. Après cet épisode, le château ne reçoit plus de visite royale et est occupé par l’armée qui y loge des soldats, y entrepose du matériel, des armes, des poudres… Est-ce la raison pour laquelle un grave incendie en 1670, sur lequel nous manquons d’informations, détruit les trois-quarts du Grand Gouvernement ?

On reconstruit cette partie du Palais Ducal mais dans le goût classique. On accède désormais au premier étage du Grand Gouvernement par un double escalier arqué. En haut du fronton circulaire, un vaste blason aux armes de France est sculpté. Le Cardinal de Retz, chef de la Fronde, est emprisonné en 1654, au château. Au bout de quatre mois, il s’en évade, le 8 août, par la courtine du Levant.

 

Quelques constructions supplémentaires sont effectuées. Avant 1650, un petit bâtiment en tuffeau appelé la Conciergerie, est accolé au Vieux Donjon. En 1761, le pavillon de la Rivière est édifié dans le prolongement du Petit Gouvernement jusqu’à la tour de la Rivière. En 1784, est construit, dans la cour, l’arsenal du Harnachement, grande bâtisse indépendante. À cette occasion, on a démoli le bastion du Levant édifié par Mercœur. L’abord au château, depuis la ville, est modifié ; ainsi le pont-dormant en bois permettant l’accès au pont-levis est remplacé, en 1770, par le pont en pierre qui existe toujours.

 

Le château à l’époque de la révolution et de l’empire

Dès le début de la Révolution, le château est considéré par les Nantais comme le symbole de l’arbitraire royal. Il abrite du matériel de guerre qui peut être utilisé contre le peuple : c’est la « Bastille » des Nantais. Aussi est-il attaqué par deux fois : le 19 juillet 1789, Andrieux, officier de la milice bourgeoise de Nantes, se présente à la porte du château avec deux cents hommes et exige, au nom du peuple, que le major de la place, Monsieur de Goyon, lui livre la forteresse, ce dernier ne résiste pas et la fête commence ; et le 21 avril 1790, la foule force, en vain, le bâtiment des Archives, croyant y trouver de la poudre.

Sous la Révolution, le château est sérieusement menacé. Plusieurs pétitions demandent sa destruction. Il est envisagé de le vendre à la Ville comme bien national, pour la somme de 470 000 livres. Mais la municipalité ne réussit pas à réunir cette somme et le château reste propriété de l’État qui le laisse au Génie militaire. Cet épisode lui a sans doute évité de servir de carrière, comme tant de monuments à cette époque. Le château sert aussi de prison. En 1792, les prêtres réfractaires y sont enfermés. En septembre, quand l’ordre leur est donné de s’exiler, ils s’embarquent par la poterne de la Loire, vers Paimbœuf puis l’Espagne. Le 10 décembre 1792, le peuple met le feu aux archives du château.

 

Le rôle du Château lors de l’attaque par les Vendéens de la ville de Nantes, fin juin 1793

En 1793, la ville de Nantes constitue un pôle républicain dans une région en proie au soulèvement vendéen royaliste et à la Chouannerie. L’armée vendéenne attaque la place du 27 au 30 juin. La ville n’est plus protégée par les remparts détruits au cours de la décennie précédente. Les combats se déroulent à l’entrée nord-ouest de la ville ; le chef vendéen, Cathelineau, est mortellement blessé place Viarme puis évacué à Saint-Florent-le-Vieil où il décède. L’armée du sud est arrêtée à quelques kilomètres de la ville. Nantes n’est pas tombée et sa résistance a largement contribué à sauver la Révolution ; c’est le premier coup d’arrêt porté à la Vendée. Le château de Nantes n’a pas joué son rôle de forteresse protectrice. Il a rarement servi de prison pour les Vendéens, car on le trouvait peu sûr.

 

La catastrophe de 1800

L’explosion, le 25 mars 1800, de la tour des Espagnols, réserve de poudre de la garnison, fait de graves dégâts : cet accident fait disparaître une partie du Grand Gouvernement, la chapelle du château avec une partie des archives, le pavillon du Lieutenant du Roi et l’angle nord-ouest de la courtine. Le quartier proche est ravagé, des maisons sont endommagées ou détruites ; on déplore de nombreuses victimes. Pour fermer la brèche, un mur de clôture va être rapidement édifié derrière lequel on peut voir, de nos jours, les soubassements de la tour détruite.

En août 1808, Napoléon vient à Nantes sans séjourner au château. Il ordonne la prolongation du quai Maillard ; cette extension éloigne la Loire du château et le remblaiement masque toute la partie inférieure de la courtine, obstruant ainsi la poterne de la Loire.

 

Le château au XIXe et au XXe siècles

Un événement historico-romanesque marque l’histoire nantaise en 1832 : la Duchesse de Berry, qui essaie de soulever la Vendée, avec l’espoir de donner le trône à son fils, est arrêtée rue Mathelin Rodier, au n°3, où elle s’était cachée. Elle est emprisonnée quelques jours au château de Nantes.

Quelques modifications sont entreprises par l’Armée qui fait procéder à la destruction partielle de la caponnière au dos de la tour du Fer à Cheval. En 1848, la Porte du Secours de la courtine nord est fermée et, en 1863 le pont de secours est détruit. Le pont-levis actuel devient le seul accès du château.

En 1853, pour faire passer la voie ferrée de Nantes à Saint-Nazaire entre la Loire et le château, il faut démolir le bastion Mercœur. On découvre alors la tour du Port que ce bastion avait masquée. On en reconstruit la partie supérieure selon les conceptions de l’époque, sans souci de véritable restitution.

En 1862, le château est classé monument historique. On y entreprend des travaux de restauration. Il devient difficile d’y maintenir une présence militaire et la ville en revendique la propriété à partir de 1873. En 1899, l’architecte Deverin propose son projet d’Hôtel de ville en envisageant de remplacer les parties détruites en 1800, par un ensemble néo-gothique. Finalement, l’État vend le château à la ville de Nantes, le 24 décembre 1915. La municipalité décide d’en faire un musée mais la première guerre mondiale retarde ce nouveau projet ; le château sert de cantonnement militaire pour les Américains qui sont arrivés par le port de Saint-Nazaire, en 1917. Le premier musée est inauguré en 1924.

En 1943, le château est réquisitionné par les Allemands qui édifient un blockhaus, appuyé sur la courtine du pont de Secours. Ce bunker est actuellement masqué par une butte de terre, surmontée de canons provenant de l’épave d’un vaisseau de la Marine Royale Française, le « Juste », coulé à l’embouchure de la Loire en 1579, lors de la bataille des Cardinaux. En 1942, commence le dégagement de la courtine de la Loire et le creusement d’une douve, ce qui permet de restituer partiellement l’état initial du monument, bien que les comblements de l’Entre-deux-guerres aient définitivement éloigné le fleuve de l’environnement immédiat du château.

 

chronologie comparée : france et europe - duché de bretagne (PDF)

II - évolution de l'architecture du château des ducs de Bretagne
Un château-fort tardif : l'évolution de l'art de la guerre et de l'architecture

Constructions antérieures au nouveau château

 

Du château de la tour Neuve construit entre le XIIIe et le XIVe siècles, il ne reste plus rien de visible. Les vestiges mis à jour au XXe siècle ont été recouverts pour en assurer la conservation.

Au XIVe siècle, avant la construction de l’actuel château, une enceinte de renforcement composée d’au moins trois tours polygonales est édifiée. Il ne reste qu’une de ces tours, appelée improprement le Vieux Donjon. Elle a subi de nombreux remaniements au cours de l’histoire. Elle est construite en granite avec quelques couches de schiste ; elle est surmontée d’un parapet en petit appareil irrégulier appuyé sur des corbeaux et d’une terrasse, coiffée par une toiture, à la suite d’une restauration contestable. On note la présence de mâchicoulis obstrués. Des canonnières, dont deux sont orientées vers l’intérieur de la cour, ont été ouvertes dans la muraille à la suite de divers remaniements.

 

Le château des ducs, une résidence et une forteresse

 

L’ensemble du château des ducs est édifié dans une période où l’art médiéval touche à sa fin et où les premières influences de la Renaissance italienne se diffusent hors de la péninsule. À Nantes, le contexte politique du moment incite François II à commander un palais ducal somptueux abrité par une puissante forteresse. Extérieurement, le château a donc une apparence défensive ; les fortifications sont construites en grand appareil avec des pierres en granit alternant avec des couches de schiste. Intérieurement, le palais est au contraire réalisé en tuffeau d’Anjou, apporté par voie fluviale, à l’exception du rez-de-chaussée où l’on continue à utiliser le granit plus résistant aux charges et qui permet, en outre, d’éviter les remontées d’humidité.

Conçue dans une période de transition architecturale, la décoration se partage entre des motifs empruntés au gothique flamboyant et le recours progressif à un style d’inspiration italienne.

 

Aspects traditionnels d’un château-fort

 

Un château-fort est d'abord un espace clos par d'épaisses murailles aux accès difficiles et peu nombreux. Le château des ducs de Bretagne présente donc les caractéristiques essentielles des forteresses médiévales. Il comprend alors sept puissantes tours entièrement nouvelles, déterminant un polygone irrégulier, auxquelles on peut ajouter le Vieux Donjon. Quand on observe l’ensemble de l'extérieur depuis le pont dormant qui précède le pont-levis, on est frappé par la puissance des fortifications élevées par François II à partir de 1466. Elles ont été construites pour résister à un siège éventuel. À une époque où l'art de la guerre évolue, il présente les aspects traditionnels des châteaux médiévaux, mais il est entièrement conçu en fonction des progrès de l'artillerie.

 

vocabulaire architectural (PDF)

 

 

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Le Vieux Donjon © Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.

 

Le site

 

Le château de Nantes est bâti en bordure de Loire, au sud-est des fortifications de la ville construites au XIIIe siècle.
Il utilise donc, au sud, comme protection naturelle, le bras nord de la Loire aujourd’hui comblé ; en 1503, Anne de Bretagne fait creuser les douves alimentées par l’eau du fleuve. Le château défend également la ville contre un assaut des troupes françaises pouvant arriver par la Loire. La tour du Fer à Cheval, la plus puissante, le protège également d’une attaque terrestre, l’axe de la route de Paris aboutissant à la porte Saint-Pierre toute proche.

 

Un espace clos

 

Aujourd'hui, le château a trois accès, l'entrée ouest par le pont-levis, la poterne de Loire et le pont de Secours. Trois autres portes ne servent plus. La porte située dans la courtine entre la tour des Jacobins et la tour du Port n’est plus visible actuellement. La poterne de Loire possédait une herse et permettait l'arrivée par la Loire en bateau. Cet accès qui avait été supprimé après la prolongation du quai Maillard ordonnée par Napoléon a été rétabli. L'état actuel résulte d’un réaménagement réalisé lors de la restauration du site. La poterne du pont de Secours, équipée d’un pont-levis, permettait une liaison vers la Motte Saint-Pierre. Après 1848, ce pont a été supprimé. Le programme de restauration a permis sa reconstruction. La porte murée par l'armée a été réouverte.

 

Les douves transforment le château en îlot

 

Deux pont-levis à flèches, ceux de la Charretière et de la Piétaille, commandent l’entrée ouest protégée par les tours de la Boulangerie et du Pied de Biche. Le tablier des ponts est attaché par des chaînes, dont les anneaux de fixation sont toujours visibles, à des madriers de bois qui forment les flèches du système. Une herse complétait l’ensemble.

 

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La coupe du pont-levis à bascule - Benoit Clarys, 2007 © Le château des ducs de Bretagne.


Le pont dormant en bois permettant l’accès aux deux ponts-levis a été remplacé en 1770 par un pont de pierre.


Un château adapté à l’artillerie

 

Dans la seconde moitié du XVe siècle, l'artillerie se développe. Un inventaire de 1495, demandé par Charles VIII, témoigne de l'important équipement d'artillerie que le duc François II a commandé pour son château. L’armement comprend alors 15 canons, 16 couleuvrines, 12 arquebuses, 30 brigantines, des serpentines. Ces armes propulsent des boulets de fonte ou de pierre sur les rangs des assaillants.

 

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Coupe de la tour à canon des Jacobins - Benoit Clarys, 2006 © Le château des ducs de Bretagne.


Une tour à canon du 15e siècle

La tour des Jacobins, ainsi nommée car elle faisait face au couvent des Jacobins, est conçue pour résister au canon et adaptée à l’usage des armes à feu. Elle possède neuf chambres de tir aménagées dans l’épaisseur du mur et dotées de canonnières.


Projet initial

 

Cette évolution de la poliorcétique (art du siège) amène à des modifications architecturales dont on trouve de nombreux témoignages au château de Nantes construit en pleine période de mutation militaire.

Les murs des tours sont plus épais car ils doivent résister aux boulets de l'assaillant. Les murs de la tour des Jacobins font de 6 à 8 mètres environ et ceux de la tour du Fer à Cheval, 8 mètres. La base des tours est percée de canonnières et équipée de chambres de tir voûtées. Elle est évasée pour en assurer l’assise sous la forme d’un glacis. Ce dispositif permet à des projectiles jetés depuis les remparts de ricocher sur les attaquants.

Les tours du Pied de Biche et de la Boulangerie protègent le pont-levis. Les chambres de tir sont placées dans les salles basses de ces tours pour pratiquer un tir rasant au niveau du fossé. On place aussi des chambres de tir dans les courtines de la Loire et du Pont de Secours. À l'époque de François Ier et Henri II, l'embrasure des canonnières de ces courtines et de la tour du Fer à Cheval a été très élargie. Le sommet des tours est équipé de canons aux tirs fichants. Ils viennent renforcer l'action de ceux placés au ras du sol. Mais le poids de ces armes nécessite de solides assises ; ainsi la tour des Jacobins, dont la voûte a été remaniée est couverte d’un épais dallage pour supporter ce poids.

L’évolution de l’artillerie entraîne des mutations architecturales notables. En effet, on constate que la hauteur des tours n’est plus garante d’une efficacité totale. Ainsi, renonce-t-on peu à peu à construire des tours aussi élevées que les précédentes. C’est le cas de la tour du Port et de celle de la Rivière dont l’élévation initiale correspond approximativement à leur largeur.

La tour du Fer à Cheval est typique des châteaux-forts tardifs conçus pour recevoir de l’artillerie ; elle dispose de murs très épais, équipés de six chambres de tir au ras des douves. Elle possède un double chemin de ronde, l’un à l'intérieur de la tour, permettant la coordination des tirs, et l'autre, à l’extérieur, à ciel ouvert au troisième niveau. Ce dernier est très large pour pouvoir y déplacer aisément les pièces d'artillerie. La forme en fer à cheval de la tour multiplie les axes de tir, évite les angles morts et la transforme en bastion arrondi.

Les mâchicoulis n'ont qu'une valeur décorative car ils ne sont pas percés. Sur les tours du Port et de la Rivière, ils sont placés sous le chemin de ronde, ce qui empêche toute utilisation militaire ; par contre, ils renforcent la solidité du mur pour supporter le poids des canons. Les mâchicoulis du château de Nantes appartiennent presque tous au type breton : quatre pierres de largeur et d'épaisseur croissantes, de bas en haut, forment un corbeau qui supporte le parapet. Certains d’entre eux sont décorés ; ainsi, sur la courtine de la Loire, des "F" affrontés symbolisent le roi François Ier. Dès que le château perd sa fonction militaire, des fenêtres sont percées sur certaines tours pour le confort des résidents.

 

Aménagements de Mercœur

Les guerres de Religion, qui secouent le royaume de France entre 1562 et 1598, redonnent aux châteaux médiévaux leur vocation militaire.

Nommé gouverneur de Bretagne en 1582 par le roi Henri III, Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, décide de renforcer rapidement les défenses du château et de la ville de Nantes. Le château s'enrichit alors des perfectionnements mis au point, vers 1530, par des ingénieurs italiens, pour améliorer ses capacités défensives ; on multiplie les possibilités de tirs flanquants, on accroît les capacités d'installation des pièces d'artillerie et pour cela on agrandit encore plus les canonnières.

Abandonnant la forme semi-circulaire ou en fer à cheval des tours, génératrice d'angles morts, des bastions, au tracé triangulaire ou quadrangulaire, sont édifiés. Ils peuvent accueillir, dans des salles basses et dans leur partie supérieure aménagée d'une terrasse en terre, de nombreuses pièces d'artillerie et assurer un flanquement efficace de leur secteur respectif. Au sud-ouest, un bastion aujourd’hui disparu, recouvrait l'actuelle tour du Port. Au nord, le bastion Saint-Pierre a été arasé de moitié en 1904.

La courtine du Levant, rehaussée, est renforcée sur toute sa longueur par une plate-forme en terre, suffisamment élevée et large pour permettre le maniement des canons qui y sont alors placés. Cette plate-forme a été détruite lors de la construction du Harnachement au XVIIIe siècle ; seules, des pierres d’accroche sont encore visibles, sur le mur intérieur de cette courtine.

La tour du Fer à Cheval est complétée par la construction d'un éperon dans les douves, appelé caponnière. Il s'agit en fait d'un accès voûté qui permet de contrôler le niveau en eau des douves et de placer en embuscade une dizaine d'hommes pour des tirs flanquants depuis les fossés. La caponnière subsiste partiellement.

Le château des ducs de Bretagne devient une véritable place-forte de la Ligue en rébellion contre le roi de France. Pourtant Henri IV, sans coup de feu ni siège, entre dans Nantes en 1598 pour y signer le fameux édit de pacification du royaume, l'Édit de Nantes.

Aujourd'hui, des travaux de Mercœur, il ne reste plus que le bastion Saint-Pierre, les grandes croix de Lorraine qui ornent ce bastion et la courtine du Levant. Il subsiste aussi le grand escalier, situé à l’angle du Palais ducal et de la courtine de la Loire, permettant, aujourd’hui, l’accès au chemin de ronde et au sommet de la tour du Port. Tout le reste a disparu.

Le palais ducal : du gothique flamboyant à l’art de la première renaissance française

Le mot flamboyant vient du jeu des courbes et des contre-courbes, formant des flammes, qui animent les balustrades, les gâbles ou les baies des édifices.

Le gothique flamboyant est un style extrêmement diffus géographiquement. Il ne pénètre véritablement dans le duché de Bretagne que vers 1450-1460. C'est aussi un style très fluctuant, difficile à caractériser dans son ensemble. En fait, le style flamboyant ne peut être défini qu'à travers des détails ornementaux. Il comprend des voûtes d'ogives à nervures multiples, quadripartites ou sexpartites, des arcs surbaissés ou en accolade, la présence de décors sur les clefs de voûtes, les culots et les lucarnes, l'association dans ces décors d'éléments végétaux et d’emblèmes.

Le château des ducs de Bretagne est représentatif de l'architecture flamboyante par les bâtiments qui restent de cette époque. D’autres ont été profondément remaniés ou ont disparu. Ainsi le Grand Gouvernement a été presque entièrement reconstruit, dans un style classique, à la suite d’un incendie en 1670 ; le logis du Roi a disparu lors de l’explosion de la tour des Espagnols en 1800. Il n’en reste que la tour de l’escalier qui desservait ce corps de bâtiment.

L’expression Première Renaissance Française désigne le style des constructions élevées dans les années 1495-1527, principalement dans la Vallée de la Loire. Il se caractérise par un nouveau décor qui prend son inspiration dans les œuvres découvertes à l'occasion des guerres d'Italie. On est en pleine transition entre le gothique et la Renaissance ; le Petit Gouvernement, construit par François Ier, est représentatif de cette nouvelle architecture.

 

Le grand logis

 

Construction

Le Grand Logis, réalisé sous le duc François II, puis remodelé dans sa partie supérieure par Anne de Bretagne, est la résidence de la cour ducale. Ce bâtiment comporte six niveaux dont un en sous-sol et un sous-comble au niveau des lucarnes. Chaque niveau, est divisé en deux grandes salles, séparées par un couloir intermédiaire ; elles avaient chacune, à l’origine, deux cheminées qui furent détruites, en 1845, par les militaires.

 

Ses caractéristiques

La façade est ordonnée selon une double préoccupation : une volonté de monumentalité et une recherche de symétrie. La recherche de l'équilibre est obtenue par la combinaison des grandes verticales et des horizontales régulières. La façade est percée de cinq travées verticales de trois fenêtres chacune, régulièrement alignées et surmontées de lucarnes. Les deux travées latérales, constituées de larges croisées, encadrent trois travées de fenêtres demi-croisées. L’axe de symétrie passe par le milieu de la grande lucarne centrale.

Le décor est particulièrement soigné. Sur les façades, toutes les fenêtres sont surmontées d'un arc en accolade orné d'un feuillage stylisé et couronné d'un fleuron. Une corniche, décorée d'une guirlande végétale agrémentée de petits personnages, d'animaux fantastiques, et une balustrade ajourée à décor de mouchettes et de redents assurent la jonction entre le mur et la toiture.

Les cinq lucarnes qui ornent la toiture d'ardoise présentent un répertoire décoratif riche. Chacune est surmontée d'un tympan armorié, inscrit dans un arc brisé et décoré d'arcs trilobés ; le tout est couronné d'un gâble fleuronné encadré de deux pinacles à crochets.

 

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Armoiries du Grand Logis sous Anne de Bretagne et Louis XII © Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.

 

La plus remarquable reste la lucarne centrale avec un décor qui représente symboliquement le couple royal, Louis XII et Anne de Bretagne. Le tympan porte les armoiries du royaume de France et du duché de Bretagne, moitié fleurs de lys et moitié hermines, surmontées de la couronne royale. Le blason est entouré de coquilles et d'une cordelière. Sous les armoiries, les symboles du roi Louis XII, le porc-épic, et de la reine Anne, le lévrier, sont sculptés en bas-relief. Au-dessus des animaux, un phylactère porte leur devise : "COMINUS et EMINUS" (de près et de loin) et "AMAVI" (j'ai aimé). Sur la partie gauche de la façade, on note la présence de pierres d’accroche en schiste ; elles constituent le départ du mur d’une aile sud, prévue dans le projet mais qui ne fut jamais réalisée.

À l’intérieur du Grand Logis, un décor léger est présent dans les salles du rez-de-chaussée, notamment dans la salle des Gardes : un jeu de nervures gothiques vient se perdre dans un pilier central sans l'intermédiaire d'un chapiteau - caractéristique typique du gothique flamboyant - et retombe latéralement par des culots sur les murs.

Le Grand Logis est la partie du château qui exprime le mieux le style gothique flamboyant.

 

La tour de la Couronne d’Or

 

La tour de la Couronne d'Or est un bâtiment destiné à faire la jonction, dans un plan oblique, entre le Grand Gouvernement et le Grand Logis. Sa partie inférieure date de l'époque de François II et se rattache donc à l’architecture médiévale. Elle masquait des bâtiments probablement destinés à loger les services domestiques du château et une petite cour, déjà en ruine au XVIIIe siècle. Son achèvement par Anne de Bretagne se fait dans le contexte des débuts de la première Renaissance.

 

Construction

La tour de la Couronne d’Or abrite deux escaliers en vis. Ils sont reliés entre eux, par un escalier transversal, entre le rez-de-chaussée et le premier étage du Grand Logis, et par une galerie au niveau de la loggia inférieure de la tour de la Couronne d'Or. Le principal, qui dessert le Grand Logis, se situe dans la tourelle la plus large au sud-est. Le plus petit, qui s’arrête au troisième étage, se trouve dans la tourelle sud-ouest. La distribution verticale d’un bâtiment se fait au moyen de ce type d’escalier en vis, technique classique au Moyen-Âge, du XIIe au XVe siècle. L’achèvement des derniers étages a été décidé par Anne de Bretagne sans doute au début du XVIe siècle. Le style est influencé par la mode italienne rapportée par ses deux époux, Charles VIII puis Louis XII. La partie supérieure de cette tour contraste fortement avec les hautes toitures en ardoise du reste du château. Elle apporte une dominante horizontale grâce au balcon de la deuxième loggia et à la balustrade qui couronne l’édifice ; cette architecture rompt la verticalité de la tour.

Les travaux de restauration, achevés en 2002, ont permis de restituer, à l’identique, les deux flèches qui couronnaient l’édifice à l’origine.

 

Caractéristiques

La tour de la Couronne d’Or comporte deux loggias, terme italien désignant une petite salle d’agrément située dans les étages et donnant sur l’extérieur par des baies ouvertes. Cette innovation fait son apparition en Italie au XIIIe siècle. Les deux loggias superposées de la tour comprennent des baies géminées avec des arcs rappelant le plein cintre. C’est un espace qui permet au seigneur d’observer le spectacle de la vie ordinaire ou celui des fêtes se déroulant dans la cour du château et de se montrer dans une situation symboliquement dominante. Des loggias, on pouvait aussi contempler la Loire dont le lit s’étendait jusqu’à la courtine et la campagne environnante en direction de l’est.

Le décor des loggias privilégie l'abondance des bas-reliefs avec des motifs empruntés au gothique flamboyant. Les deux baies du premier étage sont surmontées d'un gâble en accolade avec feuillage et fleuron au milieu d'un décor de branches d'arbres. Entre les deux étages court une frise ornée d'un réseau de trèfles quadrilobés. Au second étage, on note un décor d'hermines et de "A" sans barre centrale (Anne de Bretagne). Ce décor est une restauration du début du XXe siècle. Au sommet de la tour, la balustrade de la terrasse est formée de branchages fleurdelisés qui surmontent une corniche finement sculptée de modillons à décor végétal.

Cette juxtaposition d’une architecture d'inspiration italienne et d’un décor rappelant le gothique flamboyant est typique de cette phase de transition artistique. La partie supérieure, aérée et légère, est caractéristique du style de la Première Renaissance.

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Déroulé des façades sur cour du château de Nantes.
Dessin de Benoît Clarys, 2007 © Le château des ducs de Bretagne.

 


Réalisé pour François II, ces bâtiments (Grand Logis, tour de la Couronne d‘Or, Grand Gouvernement) servent de lieu de résidence pour le duc de Bretagne et sa cour lorsqu’il séjourne à Nantes. Anne de Bretagne poursuit les travaux d’embellissement initiés par son père. Ce dessin représente le déroulé des façades sur cour du château. Plusieurs accidents ont modifiés son aspect.

Le Grand Gouvernement, corps de bâtiment appelé autrefois le Palais ducal a été reconstruit sur ordre de Louis XIV suite à un incendie. La partie droite du bâtiment a été détruite suite à une explosion accidentelle en 1800.


La tour du Fer à Cheval

 

La façade sur la cour est achevée par Anne de Bretagne, sa réalisation se situe sans doute entre 1498 et 1506. La brièveté de la durée de la construction a permis de réaliser une façade homogène. Le décor de toutes les fenêtres appartient au gothique flamboyant. La symétrie du bâtiment n’est pas vraiment rompue par la présence de la tourelle bâtie en hors œuvre à droite de la façade pour loger l’escalier. Trois lignes fortement moulurées matérialisent les différents étages.

 

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Façade intérieure de la tour du Fer à Cheval
© Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.
 

À la suite d’une restauration du XXe siècle, le rez-de-chaussée est constitué d’une façade aveugle barrée par un large arc de décharge, la seule ouverture, à ce niveau, étant la porte d’accès à l’escalier en vis. Le premier étage est percé d’une porte d’accès au chemin de ronde et de trois fenêtres ; la grande fenêtre centrale à meneaux est surmontée d’un décor dont le gâble empiète sur la fenêtre du deuxième étage ; elle est encadrée par deux petites fenêtres surmontées d’un arc en anse de panier et d’un gâble. Au deuxième étage, le nombre et la taille des fenêtres sont identiques mais les plus petites sont rejetées en limite de façade ; celle de droite est placée sur la tourelle, celle de gauche s’ouvre sur la coursière, elle n’est là que pour l’effet de symétrie. Ces deux petites fenêtres sont surmontées d’un arc trilobé qui encadre deux écus couronnés ; l’écu de droite présente un décor de fleurs de lys et celui de gauche un décor d’hermines, allusion à Anne de Bretagne et à Louis XII. Le troisième étage, plus étroit, n’est percé que de deux petites fenêtres au décor très semblable à celles du premier étage. Elles se trouvent à l’intérieur du triangle formé par le pignon de la toiture décoré de crochets. À gauche, un pinacle orné suggère une symétrie par rapport à la poivrière de l’escalier.

Le rez-de-chaussée du bâtiment comprend deux belles salles aux voûtes d'ogives, terminées par des clefs de voûte armoriées ; les arcs retombent sur des culots ornés d'animaux grimaçants et de feuillages. Les salles des deux premiers étages sont entourées d’un chemin de ronde intérieur. L’élégance de la façade sur cour s’oppose à l’aspect massif et austère de la partie extérieure ; cette tour est en effet destinée à assurer la défense du flanc est du château particulièrement exposé à une attaque.

 

La tour de la Rivière

La façade sur cour de cette tour, moins monumentale, est réalisée dans le même style gothique flamboyant que celle de la tour du Fer à Cheval. Cela montre que Anne de Bretagne a eu la volonté de donner une grande unité architecturale au château que son père avait commencé. Une porte, une fenêtre à meneaux et une minuscule fenêtre constituent les seules ouvertures de cette petite façade, en partie masquée par le Pavillon de la Rivière et le Harnachement, quand on la voit depuis la cour. Au premier étage se trouve une belle salle voûtée à laquelle on accède, actuellement, par l’escalier du pavillon de la Rivière.

 

La tour de l’Escalier

 

Cette tour du XVe siècle, a été construite en hors œuvre contre le Logis du Roi qu’elle desservait. Si on la contourne pour observer sa façade nord, on constate que ses portes, qui autrefois desservaient le Logis du Roi, donnent dans le vide, par suite de la disparition de cette aile du palais. Sa décoration gothique flamboyante est semblable à celle du Grand Logis ; elle forme, avec la Conciergerie qu’elle dessert, un curieux ensemble juxtaposant une décoration gothique et une façade classique.

 

Motifs ornementaux de l’enceinte

L'extérieur du château présente des décors rarement remarqués sur les châteaux-forts plus anciens. De grands panneaux sculptés d'armoiries ornent la façade des tours de la Boulangerie et des Jacobins. Ils étaient probablement aussi présents sur d'autres tours et au-dessus des poternes de Loire et de Secours. Les deux seuls panneaux conservés présentent les armes de Bretagne et s'accompagnent d'un décor flamboyant avec un réseau aveugle de mouchettes et de lancettes ou d’une rose. Les murs et les tours sont percés de baies à la française avec croisées à meneaux et croisillons. Les corbeaux pyramidaux et les consoles sont décorés d'arcs trilobés ; des mâchicoulis dits bretons ceinturent presque uniformément l'ensemble des façades.

Le style gothique flamboyant confère un aspect plaisant aux façades de tuffeau sur la cour, et contraste avec le caractère austère du château défensif de granite et de schiste, tel qu'on le perçoit de l'extérieur.

 

Le Petit Gouvernement

 

Construction

Le Petit Gouvernement s'est d'abord appelé le "Logis du Roi" et sa construction a été désirée par le roi François Ier. Sans doute a-t-il eu le souci de matérialiser son règne par ce bâtiment qui a surtout servi au représentant du roi en Bretagne pour l’administration royale, d'où le changement de nom.

Ce bâtiment fut sans doute édifié dans le deuxième quart du XVIe siècle. On a témoignage de la date de construction des lucarnes en 1534. Celles, visibles actuellement, sur les deux façades intérieure et extérieure, datent d’une campagne de restauration effectuée dans les années 1970. Ce bâtiment comporte quatre niveaux, dont un en sous-sol. Dans sa partie supérieure, il communique avec la courtine de la Loire, au niveau des combles. L'escalier en vis est commun avec le pavillon de la Rivière qui lui a été accolé au XVIIIe siècle. Il se compose, à chaque étage, de deux vastes salles dotées de grandes cheminées en tuffeau, avec des plafonds à solives apparentes, et de deux petites salles du côté sud.

 

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Petit Gouvernement © Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.

 

Caractéristiques

Ce bâtiment possède les caractéristiques de la Renaissance française. Le décor est nouveau. Il repose essentiellement, d’une part, comme dans de nombreux châteaux de la Loire, sur les trois hautes cheminées de briques incrustées d’ardoises, et, d’autre part sur les deux grandes lucarnes à fronton cintré en coquille, encadré de candélabres et surmonté de volutes. La taille des lucarnes est presque identique à celle des grandes lucarnes du Grand Logis, mais l'allure est différente. La hauteur de la partie utilitaire est semblable ; on trouve des meneaux et un entourage en pierre aussi important. Contrairement aux lucarnes gothiques, on a une impression plus massive, renforcée par les lignes verticales des pilastres et l'entablement horizontal.

Les fenêtres et les lucarnes sont alignées verticalement. Cependant, la façade présente une symétrie encore non aboutie car la porte d'accès, bien petite par rapport aux proportions du bâtiment, n'est pas placée en son centre, entre les deux travées de fenêtres. Il faudra attendre la seconde Renaissance, après 1540, pour que ces règles soient complètement intégrées dans les constructions françaises.

L’architecture classique du château des ducs de Bretagne

En 1670, date retenue par les historiens, un grave incendie détruit la plus grande partie du Grand Gouvernement. Cette aile est reconstruite dans le style classique, imposé à l’ensemble du royaume, par Louis XIV. Au XVIIIe siècle, la construction de nouveaux bâtiments est jugée nécessaire par les autorités militaires qui occupent le château. C’est pourquoi plusieurs bâtiments classiques sont visibles dans l’enceinte de ce monument médiéval.

 

Le Grand Gouvernement

 

Une histoire mouvementée

Adossé contre le châtelet de l’entrée principale, ce bâtiment faisait partie du projet initié par le duc François II. Il se prolongeait à l’est par le Logis du Roi, disparu lors de l’explosion de 1800. Comme le Grand Logis, l’ensemble ainsi édifié a été traité dans le style gothique flamboyant, mais ne comprend que deux étages. L’incendie de 1670 n’a épargné que les trois travées de fenêtres mitoyennes de la tour de la Couronne d’Or conservées lors de la reconstruction. Cette partie de la façade est donc assez semblable à celle du Grand Logis. La travée la plus à l’ouest est constituée de fenêtres en demi-croisées, les deux autres travées, de fenêtres à doubles croisées. Au premier étage, les meneaux déterminent six compartiments, cas unique dans le château. Les lucarnes sont dues à un remaniement de l’architecte Déverin, au début du XXe siècle. À gauche de l’escalier, on remarque un corbeau orné dont on ne connaît pas l’utilité.

La partie de droite fut reconstruite en style classique, sous Louis XIV. Au centre du Grand Gouvernement, un avant-corps central, délimité par deux refends, est surmonté d’un fronton en arc de cercle, sous lequel avait été sculpté un grand cartouche armorié détruit pendant la Terreur. Un perron avec un escalier à double volée permet d’accéder au premier étage, par une porte située à l’aplomb du porche de l’entrée. Ce perron est surmonté d’un baldaquin soutenu par deux colonnes ioniques, suite à la restauration de 2000.

 

Une restauration témoin de l’histoire

La restauration a pris le parti de faire apparaître les mutilations provoquées par les sinistres. Entre les travées gothiques et classiques, la rupture archéologique a été volontairement conservée, elle matérialise les conséquences de l’incendie de 1670 ; le raccord de maçonnerie est parfaitement visible grâce à la différence d’appareil. À l’est, une travée de fenêtres a été ajoutée en 2000 ; en effet, après l’explosion de 1800, il ne subsistait qu’une travée à droite de l’avant-corps. Le mur restauré se termine sur une rupture qui donne une impression d’inachevé pour suggérer les effets de la catastrophe de 1800. Ce parti pris permet aussi de constater que le tuffeau est plaqué intérieurement et extérieurement sur un appareil de schiste et de granite. Le pignon est réduit à une couche d’ardoise qui matérialise la cicatrice de l’explosion.

Les lucarnes néogothiques, imaginées par Déverin, lors d’une restauration au début du XXe siècle, n’ont été conservées que sur la partie gothique du Grand Gouvernement. Les travaux, achevés en 2000, lui ont redonné les gargouilles précédemment disparues.

Sur la partie classique, la restauration récente a restitué des lucarnes volontairement inachevées. Elles auront leur aspect définitif en 2004, date à laquelle on espère être plus informé sur leur dessin original.

Le blason que l’on peut voir actuellement est une reconstitution récente, la plus fidèle possible à l’original ; on ne possède pas de documents iconographiques donnant du premier une description précise. La restauration s’est donc appuyée sur les autres blasons témoins de cette époque. Sur la partie centrale, on peut voir, à gauche, les armes de France avec les fleurs de lys, à droite les armes de Navarre avec les « chaînes d’or » ; à la base de cette partie la lettre "L" de Louis XIV est surmontée d’une petite couronne, et barrée d’une palme et d’une branche d’olivier. Un double collier encadre cette partie centrale ; à l’intérieur, on distingue le collier de Saint-Michel, terminé par un médaillon représentant l’archange terrassant le diable, à l’extérieur, le collier du Saint-Esprit, avec un pendentif en forme de croix de Malte dans laquelle est inscrit l’oiseau du Saint-Esprit. Une imposante couronne royale fermée domine l’ensemble de ces armoiries.

 

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À gauche : Le Grand Gouvernement avant restauration. À droite : Le Grand Gouvernement après restauration.
© Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.

 

La Conciergerie

 

Ce monument du XVIIe siècle est desservi par la tour de l’Escalier, seul vestige du Logis du Roi, et s’appuie sur la partie ouest du Vieux Donjon dont il est solidaire. Il comprend à l’ouest et au sud, deux façades classiques sobres assez différentes. La façade sud est asymétrique avec une distribution irrégulière des fenêtres. Une corniche surplombe les murs de ces deux façades. Les deux travées complètes de fenêtres sont surmontées de lucarnes couronnées d’un fronton triangulaire. Les fenêtres du premier étage sont équipées d’un petit balcon, avec des grilles en fer forgé, caractéristiques de l’architecture nantaise à cette époque. La façade nord, masquée par l’escalier, réutilise dans sa partie inférieure, un mur de schiste, appartenant sans doute au Logis du Roi.

 

Le pavillon de la Rivière

 

Construit au XVIIIe siècle, ce bâtiment, sans originalité particulière, prolonge à l’est le petit Gouvernement jusqu’à la tour de la Rivière et fait corps avec lui. Plus élevé que ce dernier, il confère à l’ensemble un aspect asymétrique.

 

Le Harnachement

 

Au XVIIIe siècle, les autorités militaires, maîtresses des lieux, ont besoin d’un grand bâtiment pour servir d’arsenal ; c’est pourquoi est élevé le Harnachement, édifice aux lignes simples et austères. De grandes portes s’ouvrent sur les pignons et au centre des façades ; on pouvait y faire entrer, au moyen de poulies, des charges lourdes et volumineuses. Le Harnachement, après avoir abrité le Musée des Salorges, sert maintenant de lieu d’expositions temporaires.

Du château des ducs de Bretagne au musée d’histoire de Nantes

Le château de Nantes a subi les assauts dévastateurs du temps et des hommes depuis plus de cinq cent ans. L'occupation militaire, à partir du règne de Louis XIV, a provoqué toute une série de destructions et de transformations dans la structure interne du site que l’iconographie et des traces archéologiques nous révèlent partiellement.

Après avoir échappé au démantèlement lors de la Révolution, le château des ducs de Bretagne est classé monument historique en 1862. Il prend alors une nouvelle dimension car en tant que lieu patrimonial le château représente "ce qui est encore visible d'un monde qui nous est devenu invisible" (Pierre Nora) et "donne une sorte d'existence au passé" (Jean-Baptiste Mathieu député à la Constituante 1793).

 

Succession de restaurations

 

L'idée de patrimoine national est née de la Révolution : l'État a le devoir de protéger les vestiges du passé car ceux-ci font partie des biens fondamentaux et inaliénables de la Nation et sont "dignes d'occuper les loisirs d'un peuple libre" (déclaration à l'Assemblée Constituante du 16 septembre 1793) mais, à la même époque, beaucoup de monuments furent bradés comme biens nationaux ou mutilés sous la Terreur.

Les efforts sont surtout menés à partir du XIXe siècle pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine. Comme l'écrit Victor Hugo en 1832 : "quels que soient les droits de la propriété, la destruction d'un édifice historique et monumental ne doit pas être permise". Les années 1830 sont décisives. Un poste d'inspecteur général des Monuments Historiques est créé dont le plus illustre titulaire est Prosper Mérimée de 1834 à 1860. Il dispose d’un budget pour commencer des travaux de restauration. Dans de nombreux départements, des sociétés savantes spécialisées dans l'histoire et l'archéologie sont fondées, à l'inspiration d'Arcisse de Caumont. Elles vont jouer un rôle capital dans le développement des connaissances architecturales et archéologiques, pour la protection des monuments et par la publication d'ouvrages d'érudition et de vulgarisation. À cette époque, l’art médiéval est à l'honneur ; il est considéré comme un art authentiquement national, issu d’un effort collectif et populaire.

Un nouveau débat se dessine sur la définition d'une doctrine de restauration : comment et jusqu'où faut-il restaurer ? Doit-on sacrifier les modifications apportées aux monuments au cours des siècles en faveur de la pureté de style de l'édifice ou au contraire les maintenir en tant que témoignages historiques ?

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc, ami de Mérimée, considère que « restaurer un édifice ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné ». Il est chargé de nombreuses restaurations en appliquant ses conceptions très critiquées par la suite.

C’est dans ce contexte que le château de Nantes connaît ses premiers travaux de « remise en état ». Entre 1854 et 1858, on procède à la restauration des lucarnes du Grand Logis, puis en 1877 à la réfection de celles du Grand Gouvernement. Les blasons armoriés des tours de la Boulangerie et des Jacobins sont également rénovés.

En 1903, Deverin imagine de transformer le château en hôtel de ville. Ce projet proposant une transformation radicale de l’aile nord-ouest n’a jamais été réalisé. Plus tard, des projets plus limités ont permis des restaurations partielles dont les plus importantes ont eu lieu entre les années 1970 et 1990.

 

Aujourd’hui un programme cohérent

 

Progressivement, on s'efforce de prendre en compte les monuments historiques dans leur réalité, en les analysant sous l'angle scientifique, et en envisageant leur restauration en fonction de l'usage qu'on veut en faire.

Depuis 1924, le château est devenu musée de la ville de Nantes. Le programme de restauration du monument et d'aménagement muséographique entrepris au début des années 1990 est désormais achevé. Il a permis de restaurer le monument dans sa totalité. L'ensemble des bâtiments fermés depuis 1970 au public sont ouverts. On y a aménagé un musée de l'histoire de la ville de Nantes et de sa région répondant aux exigences de fonctionnement d'un musée contemporain.

Le financement d'un tel projet a nécessité de très lourds investissements. Un contrat de plan État - Région - Département - Ville a permis la programmation par tranches des travaux.

Les restaurations du château ont été menées scientifiquement après des études préalables basées sur la recherche documentaire dans les services des archives, sur les relevés architecturaux et photogrammétriques des différents bâtiments et sur les fouilles archéologiques, comme dans la tour des Jacobins par exemple. Ces travaux de restauration se sont fait sous la direction d'un architecte en chef des Monuments Historiques.

La première réalisation du programme a été le réaménagement du bâtiment du Harnachement pour le transformer en lieu d'expositions temporaires ouvert au printemps 1997. La suite du programme a permis l’aménagement dans le Grand Logis et le Grand Gouvernement du musée d’histoire de Nantes, la création d’un centre de documentation ouvert au public. L’accès au public à la totalité des chemins de ronde et courtines est désormais possible.

 

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Sculpture en Bronze - Jean Fréour, 2002
© Alain Guillard, château des ducs de Bretagne.


Si aucun des objets personnels d’Anne de Bretagne n’a été conservé dans le château des ducs de Bretagne, celui-ci est le monument qui l’a vue naître, s’y marier avec un roi de France, Louis XII. Elle a poursuivi les travaux d’embellissement initiés par son père, le duc François II, en édifiant notamment la tour de la Couronne d’or avec ses loggias. Les traces restaurées de ses blasons et de son monogramme sont sculptées sur les murs de la forteresse. En 2002, la Ville de Nantes fait ériger face au pont-levis du château cette statue en bronze réalisée par le sculpteur Jean Fréour.


 

 


Contacts
Afin de répondre au mieux à vos attentes, nous souhaiterions connaître vos réactions et suggestions sur ce dossier enseignant.
Contacter rencontres.pedagogiques@chateaunantes.fr

 

© Château des ducs de Bretagne, musée d’histoire de Nantes, actualisé en octobre 2016.

 

Dossier enseignant élaboré à partir de textes écrits par l’équipe de conservation.

Liens avec les programmes et propositions de parcours pour visites autonomes élaborées par les enseignants chargés de mission :

Jean-Michel Gravouille, enseignant.

Corinne Huchet, enseignante.

 

Mise à jour pour :

- Le 1er degré

Sylvie Chatelier CPC Nantes Est, enseignante chargée de mission.

Véronique Julien CPC St Sébastien Vertou, enseignante chargée de mission.

- Le 2e degré :

Nicolas François, professeur d’histoire géographie, enseignant chargé de mission collège.

Élodie Isoard, professeur d’histoire géographie, enseignante chargée de mission lycée.

Stanislas Guillet, professeur d’histoire géographie, enseignant chargé de mission lycée pro.

 

Dossier en ligne sur www.chateaunantes.fr/enseignants
Coordination : Laurence D’haene, chargée du développement et de la politique des publics.


 

 

 

Liens avec les programmesBibliographie / Webographie
Biographies

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Anne de Bretagne : miroir d'une reine, historiographie d'un mythe, LE FUR Didier, Paris Guénégaud, 2000.


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Anne de Bretagne, histoire d'une vie, éd. Château des ducs de Bretagne, 2007.


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Anne de Bretagne, MINOIS Georges, Fayard, 1999.

Ouvrages

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La reine de France. Symbole et pouvoir, XVe-XVIIIe siècles, COSANDEY Fanny, Gallimard, 2000, Collection Bibliothèque des histoires.


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Le musée d'Histoire de Nantes : château des ducs de Bretagne, GUILLET Bertrand, GUALDÉ Krystel, Gallimard, 2009.


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Nantes, château des ducs de Bretagne, JOUZEAU Marie-Hélène, Nantes, 1996.


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Le château des ducs de Bretagne, SAUPIN Guy, éd. Château des ducs de Bretagne, 2007.


Le château des ducs de Bretagne, Collectif, éd. Château des ducs de Bretagne (à paraitre fin 2015).

 

Cet ouvrage fera état des connaissances sur le château des ducs de Bretagne suite aux dernières recherches archéologiques et historiques, réalisées dans les années 1990-2000. Il est question à la fois des premiers châteaux médiévaux, de celui de François II de Montfort et d’Anne de Bretagne, mais aussi des usages du monument aux périodes moderne et contemporaine. On y aborde le château comme une forteresse, un palais, une caserne, une prison et enfin comme un musée.


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Le château des ducs, Nantes et la Bretagne, SAUPIN Guy, LE PAGE Dominique, éd. Château des ducs de Bretagne, 2007.


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Louis XII, un autre César, LE FUR Didier, Perrin, 2001.


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Charles VIIILE FUR Didier, Perrin, 2006.


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Nouvelle histoire de la Bretagne, MINOIS Georges, Fayard, 1992.

catalogues d'exposition

À la découverte d’un trésor : la mémoire des ducs de Bretagne, exposition, archives départementales de Loire-Atlantique, 2009.


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Anne de Bretagne, une histoire, un mythe, château des ducs de Bretagne, éd. Somogy, 2007.


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1491-1991 : la Bretagne au temps des ducs, Abbaye de Daoulas-musée Dobrée, éd. centre culturel de l’abbaye deDaoulas, 1991.


Le duché de Bretagne entre France et Angleterre, essai d’iconographie des ducs de Bretagne.

500e anniversaire de la bataille de Saint-Aubin du Cormier, par SANTROT Marie-Hélène, Conseil général de Loire-Atlantique, Nantes, 1988.

Actes de colloques

Pour en finir avec Anne de Bretagne ? Actes de la journée d’étude organisée par les archives départementales de Loire Atlantique le 25 mai 2002, sous la direction de Dominique LE PAGE, Nantes, 2004.

Articles

Du sentiment de l’histoire dans une ville d’eau, BOURGEON Jean-Louis, « L’invitation au château… (mi-XVIIe siècle) », Association Nantes Histoire, Nantes, 1992, p. 89-101.

Sur les liens entre le château et 2 personnages de l’histoire de France : le Cardinal de Retz et Fouquet.


La mémoire d’une ville. 20 images de Nantes, SAUPIN Guy, « Le château des ducs », Nantes-Histoire, 2001, p.35-41.

éditions jeunesse

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Le château d’Anne de Bretagne, LA BRETESCHE (DE) Geneviève, Gallimard jeunesse - Château des ducs de Bretagne, 2009.


Anne de Bretagne, RODET Dominique, GASCHE Etienne, MICHAUD, éd.CoopBreizh, 2005. Bande Dessinée.


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Duchesse en sabots, SYLVESTRE Anne-Sophie, GOUST Malayen, éd. Père Castor Flammarion, Coll. Castor Cadet, 2005.

À partir de 8 ans.


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Sur les pas d’Anne de Bretagne, TANGUY G.-M., éd. Ouest-France, 2003.

Roman et pièce de théâtre

Une affaire de cœur, GUIDET Thierry, éd. JocaSeria.


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Anna Zéro, KEINEG Paol, éd. Apogée, 2002.

Musique

Anna requiescat in Pace. Déploration sur la mort d’Anne de Bretagne-Motets, MOUTON Jean, Ligia Digital, 2003.

CD interprété par l’ensemble Jacques Moderne et Joël Suhubiette d’après une œuvre de Jean Mouton (v.1459-1522).


Koc’hkigwenn ha koc’h du, SERVAT Gilles, album « La blanche hermine », 2000.

L’utilisation de la symbolique qu’est Anne de Bretagne dans une chanson.

Sites web

Site répertoriant l’ensemble des sites faisant référence aux manuscrits d’Anne de Bretagne :

http://pecia.tooblog.fr/?2005/09/06/101-les-manuscrits-danne-de-bret

Informations pratiques
Dates et horaires d'ouverture aux scolaires

DATES ET HORAIRES D'OUVERTURE AUX SCOLAIRES

Intérieurs du château et musée:

de 8h45 à 18h, fermé le lundi

Expositions temporaires :

de 10h à 18h, fermées le lundi

Cour, remparts et jardin des douves en accès libre :

de 8h30 à 19h, 7 jours/7

Fermeture du site :

1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

 

Le musée est ouvert dès 8h45 en semaine pendant les périodes scolaires. N’hésitez pas à profiter de ce temps privilégié durant lequel le musée est exclusivement ouvert aux visites guidées pour les classes. Il ouvre aux autres publics à 10h.

 


• Les visites en autonomie sont possibles à partir de 10h dans les expositions temporaires et à partir de 13h dans le musée. Elles sont à réserver en fonction des thèmes sur certaines tranches horaires. Demandez conseil au moment de la réservation.


• Pour une meilleure qualité de visite et pour respecter les jauges dans les salles du musée, les créneaux horaires sont affectés à certaines thématiques. Ainsi les groupes sont assurés de profiter pleinement de leur parcours dans le musée. Toutes les heures ne sont donc pas disponibles pour toutes les visites et les horaires d’arrivée et de départ sont à respecter scrupuleusement.


• Un accueil est désormais dédié aux groupes scolaires à côté du puits

 

Fermeture du site

1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.

Tarifs

Il y a deux façons de découvrir le château des ducs de Bretagne et le musée d’histoire de Nantes, toujours sur réservation :

  • Visite en autonomie, l’entrée est gratuite

  • Visite accompagnée par un médiateur culturel du château

 

Entrée gratuite pour la classe.

Visite accompagnée : 

30 € pour les Métropolitains.

40 € pour les non Métropolitains.

La visite accompagnée est gratuite pour les classes primaires et maternelles de Nantes Métropole (dans la limite des places disponibles).

 

Les réservations peuvent s’effectuer par :

  • Téléphone : 02 40 20 60 11
  • Fax : 02 51 17 48 65
  • Courriel : scolaires@nantes-tourisme.com
  • Courrier à : Le Voyage à Nantes - 1-3 Rue Crucy - BP 92 211 - 44 022 Nantes cedex 1

Lundi : 9h-12h / 14h-18h
Du mardi au vendredi : 9h-12h30 / 13h30-18h

 

Sur présentation du contrat de réservation, le responsable pédagogique du groupe peut accéder librement au musée d’histoire de Nantes avant la date de la visite pour la préparer.

Renseignements et réservations groupes scolaires

La réservation est obligatoire pour toutes les visites

  • Pour une visite de classe, avec ou sans médiateur, les groupes sont constitués de 30 élèves maximum.

 

Les réservations peuvent s’effectuer par :

  • Téléphone : 02 40 20 60 11
  • Fax : 02 51 17 48 65
  • Courriel : scolaires@nantes-tourisme.com
  • Courrier à : Le Voyage à Nantes - 1-3 Rue Crucy - BP 92 211 - 44 022 Nantes cedex 1

 

Lundi : 9h-12h / 14h-18h.
Du mardi au vendredi : 9h-12h30 / 13h30-18h.

 


 

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Visites avec des élèves en situation de handicap

Le château des ducs de Bretagne et le musée d’histoire de Nantes sont accessibles aux quatre types de handicap.. Afin de bénéficier d’un accueil et d’un parcours adapté, merci d’indiquer au moment de la réservation la présence d’élèves concernés.

 


 

Quand dois-je réserver ?

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Pour le musée, réservations au plus tard à J-20
Afin d’avoir les dates et heures qui vous conviennent, pensez à réserver en amont. Sachez que les réservations (à l’exception des expositions temporaires) sont closes 20 jours avant la date de visite.

 

Pour les expositions temporaires, réservations au plus tard à J-10

Les réservations sont closes 10 jours avant la date de visite.

 

Vous trouverez dans la cour

Des toilettes, un espace de pique-nique, un café restaurant et une librairie.
La restauration dans les salles du château est strictement interdite, même en cas d’intempéries. Un chapiteau non chauffé est installé d'octobre à mars.

 

Quelques recommandations

  • Les œuvres uniques et fragiles qui sont présentées au château des ducs de Bretagne ne doivent pas être touchées. Il incombe à l’enseignant responsable de groupe de sensibiliser les élèves aux règles essentielles de préservation des œuvres et au respect des autres visiteurs par une conduite adaptée.
  • Il est interdit de fumer, de manger ou de boire à l’intérieur des bâtiments.
  • Les sacs à dos, cartables et parapluies sont déposés obligatoirement au vestiaire.
  • Pour remplir les fiches ou questionnaires les élèves ne doivent utiliser que des crayons à mine graphite.
  • Les photos avec flashs et les vidéos sont interdites à l’intérieur du musée et dans les expositions temporaires.
  • Lorsque votre classe est divisée en petits groupes de travail, il vous est demandé de prévoir un encadrement suffisant par des adultes notamment pour les classes de maternelles et de primaires.

 

De manière générale, le règlement intérieur doit être respecté. Il vous sera remis sur simple demande et est téléchargeable ici :

 

règlement interieur du château (PDF)

Réunions d'information pour les enseignants

Elles sont organisées pour vous aider à préparer votre visite et vous informer sur les activités proposées : nous vous conseillons vivement d’assister à une de ces réunions avant toute visite avec votre classe afin de mieux appréhender les approches proposées.

Ces réunions d’information sont programmées le mercredi. La réservation se fait par courriel : rencontres.pedagogiques@chateaunantes.fr
Chaque rencontre est limité à 25 participants.

 

12 septembre 2018 à 14h30

Présentation de l’exposition Nous les appelons Vikings.

 

19 septembre 2018 à 14h30

Présentation d'Epression(s) décoloniale(s) et des installation de Moridja Kitenge Banza.

 

26 septembre 2018 à 14h30

 

Présentation de l’exposition Rock ! Une histoire nantaise.

 


19 juin 2019 à 14h30
Présentation de l’exposition Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt.

 

Pour vous aider à préparer d’autres thèmes de visites

Vous pouvez contacter directement les professeurs chargés de mission.

Contacts

Contacter les enseignants chargés de mission

 

Les enseignants chargés de mission et conseillers pédagogiques participent, en collaboration avec les personnels permanents du service des publics, à des initiatives qui relèvent de la médiation aux œuvres, de l’information et de l’accompagnement des enseignants et des équipes, de la conception et de « l’édition » de documents pédagogiques, de la formation initiale et continue des enseignants.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez obtenir des conseils, vous pouvez  les contacter.

 

Premier degré

Jean-Pascal Susini jean-pascal.susini@ac-nantes.fr

 

Obtenir des précisions sur le déroulement
et les contenus des visites guidées

 

 

Les visites guidées sont prises en charge par les médiateurs culturels. Spécialisés dans la transmission des thématiques du musée ; ils sont présents en permanence sur le site, conçoivent et animent les visites.

Vous pouvez aussi obtenir des précisions sur les contenus des visites guidées ou leur adaptation (élèves en situation de handicaps…) en vous adressant à Séverine Billon, responsable de la médiation, severine.billon@chateaunantes.fr

 

Monter un projet spécifique

 

L’équipe du château des ducs de Bretagne peut accompagner les enseignants qui souhaitent monter un projet pédagogique spécifique. Pour toute demande ou pour étudier ensemble la faisabilité d’un projet et ses modalités de réalisation, s’adresser directement à Laurence D’haene, chargée du développement et de la politique des publics, laurence.dhaene@chateaunantes.fr

Accès en car

Nous vous conseillons le dépose-minute rue Henri IV puis accès à pied à l’entrée « Pont de Secours ». Un parc de stationnement destiné aux autocars est accessible Chemin de la Roche. L’accès se fait par le rond-point situé boulevard de Seattle (20 places - stationnement moyenne et longue durée - payant). GPS : 47.218139, -1.516389

 

Le centre de documentation

Ce que l’on trouve au centre de documentation

 

Situé près de l’accueil, au début du parcours muséal, l’espace documentaire vous permet de compléter votre connaissance du château des ducs de Bretagne, de l’histoire de Nantes ou des objets de collection du musée à l’aide de documents de référence et d’actualité : essais, catalogues d’exposition, ouvrages jeunesse, BD, multimédia…

 

Des informations pour la préparation d’une visite

Possibilité de :

  • Consulter sur place des dossiers pédagogiques, des ouvrages de référence sur l’histoire de Nantes et de la Bretagne, des bibliographies…
  • Visionner une sélection d’archives photographiques, vidéos, de documents audiovisuels ; la base de données des collections ; ainsi que l’ensemble des dispositifs multimédias du musée.

 

Des thèmes approfondis

Une documentation plus riche est proposée sur certains thèmes :

  • Le château,
  • Anne de Bretagne,
  • La traite des Noirs, l’esclavage et leurs abolitions,
  • L’estuaire,
  • L’ âge industriel,
  • Les guerres,

 

Un accueil spécifique des groupes

En demi-groupe et sur rendez-vous, les élèves peuvent approfondir un thème ou comprendre la démarche scientifique du musée à travers « L’unité d’enquête historique du château ». Un parcours original qui invite les élèves à devenir enquêteurs au château et à se mettre dans la peau d’historiens.

 

Emprunter

Les classes de cycle 3 peuvent emprunter une malle pédagogique sur la 1er et la 2nde Guerre Mondiale contenant des livres pour une lecture en réseau, deux CD avec livrets pédagogiques (l’un proposant un travail d’écoute, l’autre un répertoire pour la pratique du chant choral), des fiches en arts plastiques…. Cette malle a été conçue pour être utilisée en classes et pour favoriser une approche interdisciplinaire.

 

Sur rendez-vous (nombre de places limité à 18 personnes).

Fermeture le lundi durant l’année scolaire, les jours fériés et du 15 juillet au 1er septembre.
Contact : lecentrededoc@chateaunantes.fr ou 02 51 17 49 57.

Questions pratiques

Quelle est la meilleure période pour venir au Château des ducs de Bretagne ?

La période de plus forte fréquentation des groupes se situe d’avril à juin. Nous vous conseillons donc de venir entre septembre et mars, si votre programme vous le permet.

Les jours de forte fréquentation des groupes se situent le mardi et le jeudi. Nous vous conseillons donc de venir le mercredi ou le vendredi, si votre planning vous le permet.

 

Quelles sont les modalités de paiement ?

Le règlement s’effectue après la visite, à réception de la facture envoyée par le Voyage à Nantes.

 

Combien dois-je prévoir d’accompagnateurs ?

Nous vous conseillons de prévoir un accompagnateur pour dix élèves. L’accompagnateur reste responsable de son groupe pendant la durée de la visite : comportement, respect des espaces, bonne cohabitation avec les autres groupes présents dans le musée…

(5 accompagnateurs gratuits au-delà 6€/adultes accompagnateur supplémentaire).

Les médiateurs ne peuvent jamais être seuls avec un groupe ou un demi-groupe que ce soit dans le musée, la ville ou le mémorial.

 

Où peut-on s’installer pour pique-niquer ?

Il est possible de pique-niquer dans les douves et dans l'espaces de pique-nique aménagé dans la cour du château. Il est à votre disposition dans la limite des places disponibles. La tente installée derrière le bâtiment du Harnachement n’est pas réservable, elle est utilisable du 10 octobre 2018 au 31 mars 2019.

 

PUIS-JE ULTISER DES AUDIOPHONES POUR MA VISITE ?

Il est possible de réserver des audiophones pour les visites autonomes. L'information doit être précisée au moment de la réservation.

 

Au muséeVisite en autonomie
Visite accompagnée

Construit sur des principes d’observation et de réflexion, ce parcours interactif propose de découvrir les deux fonctions, défensive et résidentielle, du château des ducs de Bretagne. Lorsque les élèves sont accompagnés par un médiateur, en fonction des disponibilités et selon l’âge des enfants, un jeu leur est proposé sur l’attaque et la défense du château.


 

Outils complémentaires