Exposition

Expression(s) décoloniale(s) #4

Du 8 mai 2026 au 8 novembre 2026
Horaires & accès Tarifs

La nouvelle édition de la manifestation « Expression(s) décoloniale(s) », prévue du 8 mai au 8 novembre 2026, sera l’occasion d’ouvrir l’espace du musée à de nouveaux propos historiques et à de nouvelles sensibilités artistiques sur les questions liées à l’histoire coloniale et esclavagiste française, telle qu’elle s’est déployée et construite depuis Nantes.

Trois personnalités exceptionnelles, à la croisée de l’histoire, de l’art et de la mémoire ont accepté l’invitation du musée.

L’historienne béninoise Lylly Houngnihin, fondatrice et directrice de Totems Afrikaraïbes, interpellera les visiteurs par une dizaine de textes mêlant histoire, mémoire, poésie, culture et sensibilité, attachés à des objets choisis dans le parcours permanent. Dans une démarche historique, elle envisagera les collections du musée de manière transversale : « Mon travail s’oriente vers une exploration des objets comme matrices de mémoire. Je souhaite mettre en lumière ce que j’appelle des « persistances atlantiques » : les formes symboliques, plastiques et rituelles qui ont circulé de l’Afrique vers d’autres territoires, souvent en dépit des violences extrêmes de la traite. Les objets deviennent alors des passeurs d’expérience : ils condensent des récits de perte, de déplacement, mais aussi de recréation esthétique, social, et culturelle. » 

Depuis Sao Paulo, Rosana Paulino, artiste incontournable de la scène artistique brésilienne, viendra investir, avec plus d’une dizaine d’œuvres majeures, le parcours d’exposition. Dessins, peintures, sculptures, vidéo, et installations seront les formes multiples qui seront données à voir, à comprendre, à contempler, en regard des documents historiques du musée sur plusieurs thématiques rendant hommage aux femmes afro-brésiliennes. Les femmes victimes de la traite atlantique et de l’esclavage colonial furent-elles des victimes comme les autres ? Quelles formes particulières de violence leur furent-elles infligées ? Quel rôle fondamental jouèrent-elles dans la transmission des savoirs hérités du continent africain ? Enfin, derrière le silence et le déni, de quelle force de résilience disposèrent-elles pour tenir ? Rosana Paulino, à travers les réponses que ses œuvres nous apportent, nous éclaire sur ces points en explorant ce qui subsiste et ce qui disparait.

Enfin, l’artiste sénégalais Omar Victor Diop présentera deux séries de photographies emblématiques. La première, intitulée « Diaspora », inspirée de portraits réalisés entre le 15ème et le 19ème siècle, met en valeur des personnes ayant traversé les lignes de l’histoire coloniale européenne à l’époque moderne. Ainsi, c’est l’agentivité de ceux qui, depuis l’Afrique, furent les victimes ou les acteurs de ce passé, qui est mise en avant, leur individualité faisant force. La seconde série, intitulée « Liberty » évoque des moments-clés, fondateurs et fondamentaux, de la protestation noire à l’échelle mondiale et dans une dimension historique, des luttes anticoloniales dans les Caraïbes, à celles menées sur le continent africain jusqu’aux mouvements antiségrégationnistes et aux manifestations contemporaines contre les violences racistes.

Commissariat : Krystel Gualdé